
Introduction : pourquoi c’était important
Nous vivons dans une société où le langage verbal est considéré comme la principale forme de communication. De ce fait, le corps est souvent ignoré ou réduit au silence par la stigmatisation, le tabou et le conditionnement socio-culturel. Youth in Contact a été créé pour remettre en question ce déséquilibre. À travers le Contact Improvisation et des pratiques centrées sur le corps, le projet visait à reconnecter les participants à la communication physique et à la conscience incarnée.
J’ai participé à ce projet Erasmus+ avec l’ONG italienne Hermes Academy. C’était ma première expérience Erasmus+ et elle a profondément changé ma façon de penser le toucher, la communication et l’apprentissage. Le fait que cela se soit déroulé pendant la pandémie de COVID-19 a rendu l’expérience encore plus intense et marquante.
Ce qu’est le Contact Improvisation (CI)
Le Contact Improvisation est apparu dans les années 1970, avec Steve Paxton comme l’un de ses principaux pionniers. Au fond, le CI consiste à être à l’écoute du poids, de l’équilibre, de l’élan et de la présence de l’autre. Il n’existe pas de corps idéal ou parfait. La pratique valorise plutôt l’échange, la responsabilité partagée et la confiance mutuelle.
Le CI brise les hiérarchies traditionnelles que l’on trouve dans la danse. Il inclut des personnes d’âges, de genres et de capacités différents, y compris des danseurs en situation de handicap. Il existe dans des contextes artistiques, éducatifs et thérapeutiques, et il est largement utilisé dans l’éducation.
Des études psychologiques soulignent l’importance du contact physique pour la santé mentale et le développement de l’identité. Lorsque les sociétés normalisent la déconnexion du corps, des conséquences telles que la dissociation et la dépersonnalisation peuvent apparaître. Le CI fonctionne comme un outil pour restaurer la conscience corporelle et reconstruire le lien humain par la communication non verbale.

Présentation du projet
Youth in Contact s’est déroulé à Chérac, en France, de début octobre à début novembre 2020. Des participants de différents pays européens ont vécu et travaillé ensemble, prenant part à des ateliers, des séances d’improvisation et des activités de groupe. La méthodologie combinait le Contact Improvisation, la pédagogie du mouvement et la réflexion collective, avec un fort accent sur l’inclusion et le consentement.
Le projet s’est déroulé pendant la pandémie de COVID-19, ce qui a rendu le contexte difficile. Les masques, les restrictions et l’incertitude faisaient partie du quotidien. Malgré cela, les organisateurs ont réussi à mener le projet. Cependant, à mi-parcours, la France a annoncé un confinement national, obligeant le projet à se terminer plus tôt afin que les participants puissent rentrer en toute sécurité dans leur pays.
Mon expérience personnelle
C’était mon premier projet Erasmus+. J’avais déjà une expérience de la danse classique et moderne durant mon enfance, le mouvement m’était donc familier, mais le Contact Improvisation était totalement nouveau. Pratiquer le contact physique pendant une pandémie était inhabituel et exigeant, mais aussi profondément porteur de sens.
Ce qui m’a marqué :
- Réapprendre le contact physique. Après des mois de distanciation sociale, le projet a créé un environnement sûr où le toucher était négocié consciemment et respectueusement.
- Communiquer au-delà des mots. L’anglais était la langue principale, mais le français et d’autres langues étaient présents. Le corps devenait souvent l’outil de communication le plus efficace.
- L’inclusion en pratique. Le CI a permis à des personnes aux corps et aux parcours très différents de participer sur un pied d’égalité, enrichissant l’expérience.
- Une dimension thérapeutique. Certaines séances m’ont aidé à reconnaître des schémas de tension et d’évitement et m’ont offert des moyens simples de les surmonter.
- L’impact de la pandémie. La fin anticipée a été stressante, mais c’était l’option la plus sûre pour toutes les personnes concernées.
Malgré l’interruption, je suis très reconnaissant d’avoir choisi de participer. L’expérience m’a rappelé à quel point l’apprentissage incarné peut être puissant et à quel point le lien physique est essentiel lorsqu’il est abordé avec soin et consentement.
À retenir
Pour quiconque souhaite organiser des projets similaires ou y participer :
- Des règles claires en matière de sécurité et de consentement sont essentielles.
- Le Contact Improvisation fonctionne comme un outil de communication, et pas seulement comme une danse.
- L’inclusion doit être centrale, pas optionnelle.
- Les environnements multilingues enrichissent l’apprentissage incarné.
- La flexibilité est cruciale, surtout dans des contextes instables comme une pandémie.
Réflexions finales
Youth in Contact a été plus qu’un projet de danse. Il a offert des outils pratiques pour l’écoute, la confiance et la communication non verbale. Il a approfondi mon intérêt pour l’apprentissage incarné et ses applications dans l’éducation et la santé mentale.
Si vous avez un jour l’occasion de participer à un projet comme celui-ci, saisissez-la. Attendez-vous à de l’inconfort, à de la croissance et à des liens authentiques. Réapprendre à entrer en relation avec les autres à travers le corps est une expérience qui reste longtemps après la fin.

Abonnez-vous à ma newsletter
Soyez informé·e dès que je publie de nouveaux articles sur la technologie, la politique européenne et mes réflexions personnelles. Pas de spam, désabonnement à tout moment.
